Michel Hermon

 

"Thank You Satan"

Après Marlène Dietrich et Edith Piaf (on se souvient de son émouvant hommage à la Môme paru en 1995) MICHEL HERMON (chant) décide de s'attaquer cette fois au répertoire d'un non moins grand : LÉO FERRÉ. Optant derechef pour une formule épurée, classique et néanmoins osée en notre siècle de surenchère (chant, piano, accordéon), nous retrouvons, intactes, au fil des plages, la verve du grand LÉO, ses voracités de barde, son anarchie poétique aux images acérées. Fermez les yeux, exilez-vous en rimes minutieuses : Ce trio providentiel nous le ramène, le temps d'un disque. La rencontre de trois artistes - humbles artisans, maîtres-pétrisseurs d'un terreau magnifique -, rabiboche modernité, tradition, efficacité et émotion. Du grand art !

Au centre de la scène, la silhouette - longue et pâle statue aux bras flexibles - jongle avec les lumières. Mis en scène par CAROLINE LOEB, MICHEL HERMON chante LÉO FERRÉ. Et les mots du poète - réappropriés avec l'élégance de ceux qui partagent l'étreinte d'un même tourment -, tissent ce lien qui vous prend droit au coeur. "Depuis mes propres textes et ceux de Tilly, je n'avais pas chanté de répertoire d'homme, note HERMON, amusé. J'aime les relations presque incestueuses qu'il (Ferré) entretient avec les poètes, j'aime sa façon fraternelle de parler des femmes. Il n'est ni macho, ni sexiste...". A ses côtés, GERARD BARREAUX égrène sur les touches bichromes de son accordéon un oratoire d'arpèges incisifs et profanes. Et au piano, PIERRE-MICHEL SIVADIER, troublant de justesse et d'audace, crée ce flux souterrain, où s'ancrent, fluides, les mots ébarbés du poète.

En scène, le MICHEL HERMON-interprète ne se cherche pas de doublure. Il s'expose, flanc et coeur, réinvente les textes. La voix caracole, se brise, caresse ou raille. "Lorsque l'on se consacre au répertoire de Piaf ou de Marlène, il faut évoquer les interprètes. Dans le cas de Ferré, c'est l'oeuvre elle-même qu'il s'agit de célébrer. Autre chose." Une oeuvre d'une actualité confondante, mise en abîme de nos lendemains et raccourci visionnaire des convulsions artistiques de ce siècle. "Nous avons choisi des arrangements un peu différents, mais nous restons dans ses harmonies. Ses mélodies sont magnifiques et l'on ne peut que le rapprocher de la grande musique française, d'un Ravel, d'un Fauré, d'un Debussy, ou, pour l'Espagne, de De Falla".

20 chansons, 20 standards : «L'Homme», «Est-ce Ainsi...», «Vingt Ans», «Le Bonheur», «Rotterdam», «Jolie Môme», «Monsieur William», «Thank You Satan», «Plus Jamais», «A Toi», «Mister Giorgina», «Le Bateau Espagnol», «Pacific Blues», «La Marseillaise», «Tu n'en Reviendras Pas», «La Servante Au Grand Coeur», «Ni Dieu Ni Maître», «Comme à Ostende», «Paris Canaille» et «Avec Le Temps».

Enregistré en mai 1998 au Théâtre de la Ville à Paris, ce "THANK YOU SATAN" impose d'emblée MICHEL HERMON comme un indispensable showman. Unique, nécessaire, cette relecture captivante d'un des plus beaux répertoires de la chanson française sert magnifiquement ce poète-terroriste que fut le grand LÉO. Voici un enregistrement "live" lumineux d'intensité. Une voix, un piano et un accordéon... Et le reste s'ensorcelle de justesse, de passions épurées, d'émotions intactes et retrouvées !



MICHEL HERMON

DIETRICH HOTEL




 

" Passé maître dans l'art du music-hall, avec un ton délicieusement impertinent et un art consommé de la scène, il réussit à être Dietrich sans effacer sa propre personnalité. Il se fait l'associé de son image et de sa mémoire "
(New York Times)

" La voix de l'amour. Avec une calme insolence, Michel Hermon traverse l'ironie, fait vibrer la corde sensible tout au fond, là où l'angoisse serre la gorge, où le bonheur prend soudain une réalité. "
(Le Monde)

MICHEL HERMON : Né à Paris, il débute au théâtre comme metteur en scène au début des années 70, créant une quinzaine de spectacles parmi lesquels Britannicus, Les malheurs de Sophie, Don Juan revient de guerre, Phèdre, Penthésilée, Les larmes amères de Petra von Kant et les deux premières pièces de Tilly : Charcuterie Fine et Spaghetti Bolognese. En tant qu'acteur, MICHEL HERMON endossera bien des roles parmi lesquels Hamlet, Edouard II et Coriolan.
Une première expérience au cabaret en 1979 - un tour de chant original écrit par Tilly et lui-même sur des musiques de Richard Foy - le conduit à se consacrer exclusivement à la musique. Il étudie alors pendant dix ans la technique vocale et les rudiments du langage musical tout en se produisant dans son spectacle Piaf un peu partout dans le monde - près de 300 concerts - accompagné à l'accordéon par Gérard Barreaux.
Il débute à l'Opéra en 1988 et chante depuis lors en France, puis aux États-Unis une grande partie du répertoire de base (Sarastro, Basilio, Méphistophélès, Don Giovanni). Il donne aussi de nombreux récitals de Lieder, ainsi qu'une version scénique du Voyage d'hiver de Schubert avec Carine Zarifian au piano. Au cabaret, il s'est aussi produit dans les spectacles Berlin avec Agnès Host, Guernica 1937 avec Anna Prucnal et la revue Cabaret Coconuts mise en scène par Alfredo Arias. Son récital Léo Ferré, Thank You Satan !, mis en scène par Caroline Loeb, avec Gérard Barreaux à l'accordéon et Pierre-Michel Sivadier au piano, fut reçu avec grand succès en France, Espagne, Russie et aux USA. Dietrich, une vie chantée, mise en scène par Avra Petrides avec Neal Kirkwood au piano, fut créé à l'automne 2000 à l'Algonquin Oak Room, l'un des plus importants cabarets de New York. Pour cette performance, MICHEL HERMON a reçu le prix Hanson MAC Award décerné par la critique new-yorkaise et l'association des Cabarets et Clubs de Manhattan.
MICHEL HERMON a déjà publié deux CDS chez Last Call : "Michel Hermon chante Piaf" (1995) et "Thank You Satan" (Un festival Leo Ferré) (1998).

NEAL KIRKWOOD est né à San Francisco. Études musicales (piano, composition et direction d'orchestre) à Mannes College of Music et Juillard School à New York. En plus de ses compositions personnelles (musique de chambre, songs, pièces pour piano...), il travaille régulièrement pour le théâtre comme compositeur, interprète et directeur musical, collaborant avec les auteurs Sam Shepard et Jim Neu, les metteurs en scène Joseph Chaikin et Anne Bogart, la compagnie Otrabanda, le National Dance Institute et la marionnettiste et directeur Ralph Lee. En tant que pianiste de jazz, Neal Kirkwood a donné de nombreux concerts aux Etats-Unis, au Canada et en Europe. Il a participé à de nombreux enregistrements avec entre autres, Pony Poindexter, Bobby McFerrin et Abbey Lincoln. Touche à tout, il dirige également à New York ses trois ensembles de jazz : The Chromatic Persuaders, The Neal Kirkwood Octet et le big band The Discovery Orchestra. Il accompagne régulièrement MICHEL HERMON depuis 1997.
"Un nom qui commence comme une caresse et qui s'achève comme un coup de cravache", disait d'elle Jean Cocteau.
Un nom à l'Olympe des icônes du grand siècle, synonyme de 'glamour', de provocation, de fastueuse ambiguïté et d'absolue légende.

Après avoir chanté Édith Piaf et Léo Ferré, Michel Hermon - de son incontestable
savoir-faire -, explore le mythe attaché à ces syllabes-poussière d'étoile :
Marlene Dietrich.

Pour Michel Hermon, Marlene est un personnage idéal. Plus qu'une simple STAR, elle fut - dès ses débuts -, une icône, un symbole culturel, un émissaire charnière entre les modes et les genres. Ambassadrice d'une décadence européenne durant les années 20, avec le temps elle étoffa son mystère, irisa son aura et devint un symbole international de glamour, de beauté, un symbole antifasciste, un symbole de survie et de liberté sexuelle.

Dietrich imposa une identité à la fois masculine et féminine. On la surnomma : "L'homme le mieux habillé d'Hollywood". Dans son premier film américain, l'inoubliable Morocco (1930), Marlene Dietrich se présenta au grand public dans un rôle d'aventurière indépendante, venue de nulle part, portant le frac, embrassant les femmes et traitant Gary Cooper (dans un rôle de légionnaire !) comme sa vulgaire "petite amie". Androgynie et audace allaient désormais devenir ses principaux atouts.

Marlene a toujours soutenu que la meilleure définition de son image venait de Kenneth Tynan qui un jour déclara : "Elle est sexuée - mais n'appartient à aucun genre particulier".
C'est indéniable : Tynan avait vu sacrement juste.

Dans ce "Dietrich Hotel" - enregistré à New York, au Club Eighty Eight's -, Michel Hermon compose avec subtilité ce jeu d'une bipolarité stigmatisante, cet aller-retour entre ombre et lumière, ce chassé-croisé entre présent et passé, guerre et paix, douceur et violence.
De refrain en refrain, le mythe Dietrich se précise et prend forme. Superbement accompagné au piano par Neal Kirkwood (originaire de San Francisco), Michel Hermon décline - de son inimitable timbre -, les standards de la blonde Vénus : "Johnny", "Black Market", "The Laziest Gal In Town" ou l'emblématique "Just A Gigolo".

L'ombre de l'Ange bleu, éclat phosphorescent de celluloïd, traverse cet enregistrement 'live' fulgurant.

Pour cette performance, MICHEL HERMON a reçu le prix Hanson MAC Award décerné par la critique new-yorkaise et l'association des Cabarets et Clubs de Manhattan.

Bis bald, Marlene Bis bald




MICHEL HERMON

DIETRICH HOTEL







hermon chante piaf

 MICHEL HERMON CHANTE PIAF
- L'Album -

 

Piaf fut la goualeuse française par excellence, sombre muse "rive-gauche" et bouleversante Pasionaria des faubourgs. Il semblait donc périlleux, surtout pour un interprète masculin, d'endosser le mythique répertoire de la Môme. MICHEL HERMON (chant) et GERARD BARREAUX (accordéon) décidèrent toutefois de relever le défi... De 1982 à 1986, ils rôdèrent leur tour-de-chant, donnant plus d'une centaine de concerts, peaufinant, ciselant... Consciencieux artisans et maîtres-pétrisseurs de ce légendaire terreau musical.

Au centre de la scène, la silhouette - longue et pâle statue aux bras flexibles - jongle avec les lumières. MICHEL HERMON chante Piaf. Et les mots de la Môme, réappropriés avec l'élégance de ceux qui partagent l'étreinte d'un même tourment, tissent ce lien qui vous prend droit au cur. A ses côtés, GERARD BARREAUX égrène sur les touches bichromes de son accordéon un oratoire d'arpèges incisifs et profanes. Peloton de musettes, vague à l'âme... Des odeurs cafardeuses de rues, de nuits blanches, d'amours tuméfiées montent en trémolos congestifs. Il n'y a pourtant ici aucune affectation, aucun maniérisme, aucune grandiloquence. Déshabillée d'effets forcés, la théâtralité s'épure. L'immense talent de ces deux interprètes est avant tout leur souci de l'essentiel. Retrouver, dans la richesse du langage populaire, le vrai sursaut des âmes. Il y a là, une tradition presque "blues". Il y a là quelque chose de gitan, un peu comme en Tziganie, ces émouvants rituels de ménétriers qui scandent leurs quotidiens d'histoires tragi-comiques...

16 chansons, 16 standards : "La Foule", "L'Accordéoniste", "De l'Autre Côté De La Rue", "Embrasse-Moi", "Enfin Le Printemps", "Padam", "Salle D'attente", "Il n'Est Pas Distingué", "Le Petit Homme", "Comme Moi", "L'Homme à La Moto", "Les Neiges De Finlande", "A l'Enseigne De La Fille Sans Joie", "Bravo Pour Le Clown", "C'Est à Hambourg", "Mon Légionnaire"...

Enregistré le 13 janvier 1995 à la Maison de la Musique de Nanterre, "MICHEL HERMON CHANTE PIAF" est un disque unique, nécessaire, une relecture passionnante et personnelle d'un des plus beaux répertoires de la chanson française. Voici un enregistrement "live" lumineux d'intensité. Une voix, un accordéon... Et le reste s'ensorcèle de justesse, de passions épurées, d'émotions intactes et retrouvées !

 

Donc MICHEL HERMON commence le théâtre à l'âge de quatorze ans.
Après le cours René Simon, il suit le Conservatoire National d'Art Dramatique de Paris dans la classe de Georges Chamarat.
Très vite, il s'oriente vers la mise en scène.

En 1969, il constitue sa compagnie, le Théâtre 9, avec laquelle il montera successivement :
- "Les Malheurs De Sophie", d'après la Comtesse de Ségur.
- "Don Juan Revient De Guerre", l'une des premières pièces de Horvath représentées en France.
- "La Petite Voiture De Flammes Et De Voix", de Liliane Atlan, création commanditée par Jean Vilar pour le Festival d'Avignon 1971.
- "Peer Gynt", d'Ibsen au Théâtre de la Tempête (Cartoucherie de Vincennes), alors dirigé par son fondateur Jean-Marie Serreau (1972).
- "Lulu" de Frank Wedekind.
- "Phèdre", de Racine, à la demande de Pierre Dux et Jean-Pierre Miquel, au Petit- Odeon (1974).
- "Dommage Qu'elle Soit Une Putain", de John Ford.
- "Penthésilée", de Kleist.

En 1980, il crée la première pièce de Tilly : "Charcuterie Fine". Puis, en 1992, il met en scène son dernier spectacle au théâtre, "Spaghetti Bolognèse", deuxième pièce de Tilly.

MICHEL HERMON a joué :
- Fando, dans "Fando et Lis", d'Arrabal (mise en scène Michel Boudon, 1967).
- Claire, dans "Les Bonnes" de Jean Genet (mise en scène de Roland Monot, 1971).
- Edouard II, dans "Le Règne Blanc" de Denis Guénoun d'après Marlowe (mise en scène de Robert Gironès, 1975).
- Sigismond, dans "La Tour" d'Hoffmannstahl (mise en scène de Gabriel Garran, 1977).
- Pier Paolo Pasolini, dans "La Passion Selon P.P.P." de René Kalisky (mise en scène d'Albert-André Lheureux, Bruxelles, 1978).
- Hamlet, dans "Hamlet" de Shakespeare (mise en scène de Daniel Benoin, 1978).
- Le Roi Marc, dans "Tristan Et Iseult" (mise en scène d'Arlette Bonnard, 1978).

En 1979, MICHEL HERMON donne son premier tour de chant, co-écrit avec Tilly, sur des musiques de Richard Foy et que Tilly met en scène au Cabaret du TGP de St-Denis. Tour de chant repris au cours des années suivantes, notamment aux festivals de Nancy, Avignon, au Printemps de Bourges, au Théâtre Montparnasse et au Forum des Halles.

Récital Piaf avec l'accordéoniste Gérard Barreaux (une centaine de concerts de 1982 à 1986, en France et en Allemagne).

En 1990, au Printemps de Bourges, il crée "Berlin", spectacle en chansons avec Agnès Host, dans un répertoire franco-allemand (Prévert, Aznavour, Schoenberg, Hollander, Fassbinder, Nina Hagen, etc...).

Il a assuré la mise-en-scène du spectacle musical de Caroline Gautier, "La Chevauchée" (mélodrames, lieder et improvisation de Frantz Liszt avec Denis Levaillant au piano).
Il a chanté le monologue lyrique "Le Baigneur", de Denis Lavaillant sur un texte de Maurice Roche, dans le spectacle musical "Deux Pièces A louer" (Musée d'Art Moderne, ARC, 1983).
Il a mis en scène Evanthia Cosmas dans son tour de chant "Arletty Mistinguett" (Festival de Flagy 1986 et 1987, puis tournée).

En 1982, MICHEL HERMON a choisi de devenir chanteur lyrique.

Il reprend alors l'étude du piano, apprend l'harmonie et le contrepoint. Etudes qu'il poursuit, ainsi que celle de l'analyse musicale avec Alicia Alsina depuis 1987.

Il travaille le chant, principalement avec Mireille Sabatier, à Marseille. Il étudie avec elle le répertoire français et italien, ainsi que les mélodies de Fauré dont il donnera plusieurs récitals avec la pianiste Hortense Cartier-Bresson (Festival de Flagy, 1986).

En 1987, il rencontre le pianiste Paul Von Schilhausky, professeur au Mozarteum de Salzbourg, avec qui il étudie le répertoire du lied romantique allemand et autrichien. Parallèlement, il donne avec la pianiste Marie-Pierre Mantz des récitals de lieder au Festival d'Avignon en 1988.

Il a fait partie, en 1986 et 1987, de l'ensemble vocal Michel Piquemal avec qui il chante, entre autres, sous la direction d'Armin Jordan (Paukenmesse de Haydn) et de Michel Corboz (Requiem, de Mozart).

Il poursuit l'étude de son répertoire avec Irène Aïtoff, puis avec Elisabeth Cooper (essentiellement le répertoire mozartien - Le Comte, Figaro, Osmin, Don Giovanni, Alfonso, Sarastro - et le Golaud de Pelleas et Melisande).

MICHEL HERMON débute à l'opéra en 1988, dans "Le Garçon Qui A Grandi Trop Vite", de Gian-Carlo Menotti (Orchestre Poitou-Charente sous le direction d'Eric Sprogis), puis il chante les parties de basse et le rôle de Mufti dans "Le Bourgeois Gentilhomme", de Molière - Lulli (Lausanne et Bruxelles, sous la direction de Louis Devos).
En 1989, il tient le rôle central de "Denys Le Tyran" de Gréty dans le cadre de la commémoration de la Révolution Française à Aubervilliers (direction musicale : John Nelson).
En 1990, en tournée avec l'Opéra Eclaté, puis au Festival de Saint-Céré, il est Peachum dans "l'Opéra de Quat'sous" (direction : Jacques Pesi).
Il chante l'Osmin de "Zaide" (direction : Daniel Mourruau).
En 1991, Mozart encore : "La Finta Semplice" (Cassandro) et "Bastien Et Bastienne" (Colas), Château de Lascours, direction musicale de Véronique Méjea, puis le Comte des Noces de Figaro (Festival de Marmande).

En 1992, il aborde l'opérette avec Calchas dans "La Belle Hélène" (production Domaine Musiques Nord-Pas de Calais, direction musicale Olivier Holt. Puis il interprète le double rôle de Christophe Colomb. Il est l'Explicateur dans "Christophe Colomb" de Darius Milhaud et Claudel (Théâtre Impérial de Compiègne, churs et orchestre de la fondation Gulbenkian de Lisbonne sous la direction de Michel Swierczewski).

Et voilà...

 

MICHEL HERMON CHANTE PIAF

 

MICHEL HERMON chante PIAF accompagné par Gérard Barreaux à l'accordéon... Et c'est à moi qui suis dans cette histoire jusqu'au cou (jusqu'au cur serait plus juste !) qu'on demande de faire un baratin pour le programme ! Evidemment, je ne suis pas objective... Et je vous rassure tout de suite, je n'essaierai même pas de l'être. De toutes manières, ça n'existe pas, l'objectivité... Donc, ce qui est bon, c'est de regarder avec les yeux de l'amour. (Qui a dit que l'amour rendait aveugle ?). Alors là, oui. C'en est une, d'histoire d'amour. Et elle est belle. Comme une chanson d'Edith Piaf. Qui les choisissait avec amour. Ses chansons d'amour. Et qui les chantait avec la rage et le désespoir qu'on lui connaît. Donc, MICHEL HERMON chante Piaf ?! C'est sûr, ça fait un tantinet saugrenu, comme ça... énoncé à plat ! Et moi-même, à priori, j'aurais plutôt eu tendance à faire la fine bouche, genre : "Un mec qui chante Piaf?? Quelle idée absurde ! Il manque pas d'air ! Personne ne peut prétendre lui arriver à la cheville, à la môme. Et ses chansons, elle les portait d'une manière unique donc inimitable, comme sa petite robe noire. Et c'est pas un grand blond qui va..." Et bien si ! C'est un grand blond avec un blouson noir, une voix étonnante et dans le regard cette violence, ces désarrois fulgurants qui évoquent l'essence même de Piaf sans jamais chercher à l'imiter, qui ose s'attaquer à son répertoire. Et le pire, c'est que ça marche ! Et que c'est extraordinaire, et que son accordéoniste, il sait la jouer, la java ! Ses doigts secs et nerveux nous emportent, nous transportent dans ces bars paumés, dans Pigalle, sous le Pont de Sydney ou dans ces petites chambres de bonne au 7ème où il/elle y va. Au 7ème (ciel mon amant !). Les lumières créées par Franck Thévenon et recréées tous les soirs par Frédéric Arzule et Emmanuel Drouot elles aussi, nous font voyager. Plutôt cinoche rock and roll. Entre Rainer Werner Fassbinder et Lou Reed, pour être plus précis ! Et MICHEL HERMON, en grand acteur qu'il est, incarne tour à tour ces femmes amoureuses, désespérées qui attendent leur homme, ou qui les jettent avec humour...
Voilà. C'est un spectacle rare dans lequel deux artistes puissants et authentiques se donnent et nous donnent le meilleur d'eux-mêmes. Pas objective, moi ?! Vous croyez ?...

 

Caroline Loeb / Juillet 94.





dietrich hotel

 chante piaf

 Black Market
Mandalay
Je ne t'aime pas

The Laziest Gal in Town

 l'accordeoniste
padam
l'homme a la moto
la foule