MOJO NIXON

"WHEREABOUTS UNKNOWN"

S'il faut parler d'insoumission, d'irrévérence chronique et d'insolences sans remède, il faut, sans hésiter, évoquer derechef MOJO NIXON. Cet Américain bon teint (né le 2 janvier 1957 à Chapel Hill, NC) est à lui seul une anthologie du bad taste outre-atlantique (vécu dorénavant comme un art de vivre). Hâbleur, cynique, mauvais coucheur, cet illégitime héritier de W. BURROUGHS et C. BUKOWSKI, malmène, de riffs teigneux en slogans lapidaires, le puritanisme débilitant du Nouveau Monde.

Il fut, dit-on, un adolescent agité, jamais avare de coups d'éclats et instinctivement passé maître en provocations de tous genres. A 13 ans, il fume son premier joint lors d'un week-end pourtant très spirituel de rencontre de Jeunes Methodistes. A 15 ans, il étudie la batterie, et ses efforts assidus (mais bruyants) pertubent sa grand-mère de 76 ans qui exige sur-le-champ d'être envoyée dans une maison de retraite. Bercé par Led Zeppelin, Elvis Presley, Patti Smith ou Bruce Springsteen, le jeune MOJO sait toutefois qu'il consacrera son avenir à la musique.

En 1979, avec le désir chevillé au corps de s'immiscer au sein des CLASH, il s'exile en Angleterre. Mais Albion la Perfide ne lui offrira que son métro où, pour survivre, il se contentera de chanter le répertoire de JERRY LEE LEWIS. Fort de cette expérience, mais certes un peu dépité, il regagne rapidement les Etats Unis où il fonde son propre groupe : le très punk ZEBRA 123.

MOJO s'installe ensuite à San Diego, sur la Côte Ouest. Là, il fera une rencontre décisive en la personne de COUNTRY DICK MONTANA. Mais le démon de la route le tient et rapidement MOJO décide de voir un peu de pays. Le 20 novembre 1982, après une soirée copieusement arrosée et alors qu'il déambule sur Bourbon Street à New Orleans, une révélation le frappe. Il comprend soudain le sens profond de son destin : sa mission consistera désormais à jouer de la guitare, à chanter contre l'injustice, à s'éclater, boire et assouvir ses penchants irrépressibles pour la fornication ! Rien de moins...

De retour à San Diego, en 1984, MOJO remporte un concours mettant en scène des groupes amateurs. Il obtient ainsi la possibilité d'enregistrer deux chansons qui figureront sur une compilation locale. Un an plus tard, avec SKID ROPER, il signe un contrat chez ENIGMA RECORDS et enregistre son premier album : "MOJO NIXON & SKID ROPER ". La chanson "Jesus at McDonalds" remporte un beau succès d'estime.

En 1986, il enregistre "FRENZY". Les critiques sont partagés et le magazine People rapporte que l'écoute de cet opus est aussi "agréable que le vol entêtant d'une abeille qui vous tourne autour du nez". MOJO et ROPER partent en tournée avec les POGUES. MOJO apparaît et chante sur scène, la tête coiffée d'un téléviseur.

En 1987, sortie de "BO-DAY-SHUS". Le titre "Elvis Is Everywhere" fait les beaux jours des radios et de MTV. MOJO part en tournée en Australie. Et c'est au pays des kangourous, qu'il composera son célèbre "Kylie Minogue Is Pregnant With My Two-Headed Love Child" (Kylie Minogue est enceinte de mon enfant adoré à deux têtes !). De retour à Memphis, MOJO enregistre un nouvel album et fait une apparition dans le film "Great Balls of Fire", aux côtés de DENIS QUAID et WINONA RYDER. L'album s'intitule "ROOT, HOG OR DIE". Le single "King" est un hit radiophonique et passe régulièrement sur MTV. KRIS KRISTOFFERSON joue dans la vidéo. Quelques mois plus tard, le ton change car le clip du second single "Debbie Gibson Is Pregnant With My Two-Headed Love Child" est censuré sur MTV. Et pourtant WINONA RYDER déclarera, laconique : "Avoir interprété Debbie Gibson dans ce clip vidéo restera pour moi le plus beau rôle de ma carrière".

En 1979, le tandem NIXON / ROPER se sépare. Dès 1990, MOJO recrute des musiciens et sort un album intitulé : "OTIS". La chanson "Don Henley Must Die" fait un tabac sur les radios et déchaîne un ouragan de protestations. MOJO enregistrera ensuite, ça et là, des chansons pour des albums-hommage et tiendra quelques rôles substantiels au cinéma.

EN 1992, sortie de "HORNY HOLYDAYS", un album de Noël plutôt inconventionnel où notre godailleur s'en donne à cœur-joie. En 1994, notre troublion enfonce le clou ! Il enregistre avec JELLO BIAFFRA, un opus intitulé "PRAIRIE HOME INVASION". Les aficionados en perdent leur latin. En effet, ils découvrent à l'arrivée, stupéfaits, que ces deux hors-la-loi viennent de commettre en fait... un album country !!!

Aujourd'hui sort le neuvième album de MOJO NIXON : "WHEREABOUTS UNKNOWN", 13 titres juteux, copieusement servis, bourrés jusqu'à la gueule de révoltes bienvenues et de gauloiseries bien crasses. Enregistré à Brooklyn, produit par ERIC "ROSCOE" AMBEL, on y retrouve (entre-autres) une reprise irrévérencieuse du "Girlfriend In a Coma" des Smiths et quelques réflexions bien assenées sur le patriotisme et la religion. En un mot, de quoi dégauchir vos parents, votre petite soeur... et dans la foulée, tout le contingent sacro-saint qui, du Couvent des Oiseaux aux pages des "Savoir-Vivre", rivalisent de bonne foi et de mauvais esprit...






whereabouts unknown

 Gotta be free
Not as Much as Football
Girlfriend in a Coma
Tie my Pecker to My Leg