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SPENCER BOHREN fait partie de ces interprètes
dont on est vite forcés de dire qu'ils sont nés
pour chanter ! Une enfance dans une famille baptiste lui fait
très tôt découvrir la musique : à
l'âge de huit ans, il s'exerce avec brio aux harmonies
vocales dans le cadre rassurant des églises. "A
quatorze ans, dit-il, j'eus ma première guitare. Cette
même année, un professeur de musique m'initia aux
arrangements des chorales Negro Spirituals. Je ne m'en suis jamais
remis". En parallèle, il découvre la forte
et noble tradition du folk américain. Nourri depuis toujours
de gospel, il se tourne naturellement vers les rythmes sudistes
: les chants sombres et pleurés des cueilleurs de coton
et le blues plus typé des Appalaches. "Mais en
fait je n'ai jamais fait, dit-il, de différence entre
le Blues des noirs et le Blues des blancs. Bien entendu, il serait
aisé de signaler bien des contrastes entre ces deux styles...
mais il y a surtout tant de similtudes !".
SPENCER BOHREN quitte son Wyoming natal en 1968.
Première étape : Denver où l'excentrique
et mythique Révérend Gary Davis lui servira de
professeur. Seconde étape : Seattle ! SPENCER s'exerce
un temps avec quelques groupes locaux et compose ses premières
chansons. En 1973, d'autres errances le conduisent dans le Colorado
où il donne la réplique au légendaire guitariste
de blues : Judy Roderick.
En 1989, SPENCER sort
son premier album : "SNAP YOUR FINGERS". On y découvre
un jeune bluesman riche de promesses et encore très influencé
par la Nouvelle Orléans. Avec Dr John au piano et John
Mooney à la guitare slide, il sillonne les routes du monde
entier. A cette époque, on l'a beaucoup vu en France (Printemps
de Bourges, Nancy Jazz Pulsation, Bagnol Blues Festival) et en
première partie d'artistes aussi prestigieux que Bill
Deraime, Willy Deville ou B.B. King. Cette relation privilégiée
avec la France, SPENCER BOHREN l'officialise sur son deuxième
album solo, "FULL MOON" (1992), en enregistrant un
duo avec l'incontournable Francis Cabrel.
Il faudra ensuite attendre
quatre années avant que SPENCER ne sorte son troisième
album : quatre années de maturation, de voyages, de rencontres
et d'échanges... Pour ce "PRESENT TENSE" qu'il
propose alors, SPENCER a formé un nouveau gang
avec Reggie Scanlan et Franck Bua, la section rythmique des mythiques
Radiators de la Nouvelle Orleans, et Bengt Blomgren, le sorcier
suédois de la guitare. Ce superbe bouquet de 11 chansons
oscille sans cesse entre blues citadin et blues rural, brisant
les conventions, distillant à la fois une chaleur et transparence
sans précédent.
1997, SPENCER BOHREN
nous revient avec un tout nouvel album : "DIRT ROADS".
l'expression "Dirt Roads" évoque le temps
d'avant le bitume, le temps d'avant l'automobile. Ce chanteur,
guitariste et showman d'exception ne cesse de fouiller les expressions
du spleen et du swing, atteignant des sommets de précautions
virtuoses. Ecoutez-le tendre - d'un doigté lumineux -
un pont mélodique entre le blues sudiste et la country
blanche du début du siècle. Magnifiquement accompagné
à l'harmonica par Jab Wilson, SPENCER BOHREN
explore les chemins de traverse du passé américain.
Tout simplement miraculeux !
Let's go for a walk...
 
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