LES SHERIFF
DU POUDRON ET DES GLUMES

 DIGIPACK CD + DVD

 LIVE INÉDIT !

 Aux States, il y avait  les RAMONES 
En France, il y  avait les SHERIFF
25 classiques du rock français à 100 à l’heure, enregistrés et filmés pendant la tournée 1993

UNE DÉFERLANTE DE HITS AUX SLOGANS IMPARABLES ET STIMULANTS

bikini 93-les deux doigts dans la prisEe-fanatique de télé- c'est pas ce qu'il nous faut- pourvu xa dure- à la chaleur des missiles- pas de doutes-
panique à daytona beach- bon à rien- attention à toi- tout le temps pareil- trois deux un zéro- condamné à brûler- jouer avec le feu- arrête d'aboyer-
pendons les hauts et courts- n'insiste pas- pile ou face- idée fixe- à coups de batte- à la poubelle- je suis pas menteur- arrête de parler- gardez des munitions
ne comptez pas sur moi- la saga des sheriff- c'est trop tôt- non non non
bonus 91 * 1 : mords pas- sur une nappe de restaurant- à la poubelle
bonus 91 * 2 : aucune importance- la bombe et moi- ibm- acculés
bonus 87 * 3:jouer avec le feu

L’Etoffe de l’Hérault 

Un, deux... Un, deux, trois, quatre. Cent-dix mètres-haies ou grand prix de Formule 1, coup de pistolet libérateur ou feu vert émancipateur, l’injonction de départ est toujours synonyme d’une débauche instantanée d’énergie et de vitesse. Et ça, les Sheriff (sans « s », ils y tiennent) l’ont compris mieux que personne. De 1984 à 1999, chaque titre, chaque concert commencera ainsi, sur les chapeaux de roues. Un, deux... Un, deux, trois, quatre. Alors, évidemment, les journalistes d’ici, toujours prompts à minimiser l’intérêt d’un feu follet local, étiquetterons à jamais Olivier et ses copains d’un pondéreux et indélébile sceau Ramones. Même votre humble scribe, chroniqueur impénitent de neuf LP sur neuf, citera neuf fois les Ramones. Non pas que les Sheriff s’adonnaient systématiquement au Gabba Rank Xerox, mais surtout parce qu’avec le même implacable fun en apnée, avec le même je-m’en-foutisme nobiliaire, ils enflammèrent tout un pan (!) de nos scènes laissé en jachère depuis Starshooter ou Bijou. Saint Chuck Berry, pardonnez-nous quand même l’étroitesse de nos références et essayez d’oublier les sarcasmes des plus réfractaires. Mais le rock en France ne s’est jamais aussi bien porté que banni, trompé ou mis à l’index. Alors vive la lèpre speed et le maquis binaire. Vive les Ramones, vive les Sheriff. Et tant pis si le rock’n’roll, notre rock’n’roll, à l’instar de n’importe quelle vache folle doit impérativement pour certains censeurs se soumettre à une traçabilité limpide. A croire aussi qu’en fait de rêves de liberté, le raffut sans collier n’est plus aujourd’hui qu’une maladie répertoriée, canalisée, honnie. Fuck: soyons fiers et cultivons les miasmes. D’autant que les Sheriff en furent l’un des plus virulents.
Le hasard les fait naître à Montpellier en même temps que le ressac punk français de 1984, en pleine aumônerie alternative. Assimilés illico au salutaire jeu de (macadam) massacre, ils en profitent pour crocheter tous les verrous d’une indifférence opaque dans laquelle pataugent depuis des lustres tous les garants des trois accords efflanqués. Eux n’ont rien à voir avec les Bérus ou Ludwig Von 88, mais l’émulation du moment et un sympathique esprit de famille feront office de détonateurs. En 1987, leur premier album Pan! (initialement publié par la label Gougnaf) est d’une éloquence et d’une véracité absolues. On y parle ce fameux rock’n’roll couramment, sans cesse regonflé par des accès mélodiques à la fois simples et imparables, sans cesse vitaminé par des guitares dans le rouge et une section rythmique en plomb. La griffe maison prend forme et assurance. Panik (à Daytona Beach), Les 2 doigts dans la prise et autres brûlots électrogènes posent les bases d’une épopée enragée. Mais déjà point la principale pierre d’achoppement qui gangrènera les rapports entre les Dalton montpelliérains et la presse. Les mots. Etrange comme la critique se montre incapable d’accepter chez elle ce qu’elle gobe des anglophones depuis quarante ans. Sans branlette cérébrale, avec juste des particules qui ricochent bien sur les refrains, les textes des Sheriff oscillent entre humour tire-sonnette et simplicité au plus près de l’os pour n’être au bout du compte que très rock’n’roll. On y revient. Forcément. Mais ici on préfère encenser les faux poètes et les vrais démagos. Heureusement les Bongo kids sudistes n’auront toujours cure de l’adversité et leur second 3, 2, 1, zéro! débutera par un arrogant Jouer avec le feu. Parlons-en. Fidéles aux préceptes établis, les Pas de doute et Rien à dire (joli pied de nez!) dynamisent encore l’efficience d’un sens inné de l’urgence festive. Et ainsi de suite. Avec les suivants Le grand, le maigre, le petit et le gros et surtout Du goudron et des plumes (produit par Harvey Birrell au Southern Studio) ils accentueront leur côté Averell psychotonique. Désormais à cinq, comme les trois mousquetaires étaient quatre, nos outlaws du riff explosif campent fièrement sur leurs positions survoltées et denses. En 1992, ils retranscrivent enfin sur disque cette énergie altruiste qui fit de leurs concerts des instants de pure fiesta interactive. L’album Les deux doigts dans la prise prend d’autorité rang parmi les meilleurs live réalisés en France. Puis ils décocheront Soleil de plomb en 1993 et Allegro turbo en 1995, avec toujours le même équilibre entre des mélodies sympathiques et des guitares généreuse. Si la calandre de la machine est toujours aussi brillante, ses soupapes gagnent encore en nerfs et en étoffe (de l’Hérault?) pop. Viendront ensuite un autre mini-LP en public (Pagaille générale) et l’ultime Electrochoc (1998) pourtant chargé de promesses d’avenir. Le glitter héroïque de C’est pas Verdun, voire ce Ca dépend de nous proche des grands hymnes séminaux du punk britannique, ne laissaient nullement supposer un imminent dépôt des armes. Ceci dit, un groupe qui se saborde avant le naufrage demeure un souvenir propre dans nos coeurs. Fauchés en plein vol, les Sheriff resteront donc à jamais ce modèle d’intransigeance et de fidélité. Des purs, on vous dit.

Jean-Luc Manet







 sheriff

 3 en 1

du poudron et des glumes
les 2 doigts dans la prise
fanatique de tele
c'est pas ce qu'il nous faut
pourvu xa dure