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1- Living at the end of the Gun 4:34 |
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9- Behind the 8 Ball 4:48 |
La carrière de Calvin Russell démarre tardivement, mais très fort; “A Crack in Time”, son premier album sur New Rose reçoit un accueil unanime, qui propulse cet obscur Texan, persuadé quelques mois plus tôt que sa carrière musicale était terminée, vers un succès aussi rapide qu’inattendu.
A l’origine, “A Crack in Time” était sensé être le deuxième album des Characters, son groupe, le premier étant sorti en Allemagne sur Line Records dans l’indifférence générale, mais je tiens à ce qu’il sorte sous le nom de Calvin Russell, dont le talent et le charisme dépassent largement le statut de chanteur d’un groupe au nom plutôt banal .
La suite logique au succès d’un disque est, bien entendu, la tournée.
Or, Calvin n’a jamais tourné de sa vie. Quelques apparitions dans des clubs de seconde zone d’Austin et ses environs devant un public clairsemé, rien de plus, le premier album des Characters n’étant même pas sorti aux USA. Et subitement, voilà qu’on l’invite à tourner en France !
Le premier concert, a lieu au Kremlin Bicêtre, quartier général de New Rose à l’époque, dans le cadre du festival des 10 ans du label. Inutile de dire que Calvin et ses acolytes sont morts de trac; ils n’ont jamais joué dans une vraie salle, avec une vraie sono, et un public de plusieurs centaines de personnes, qui en plus sont fans et connaissent déjà tous les morceaux par coeur.
Le groupe est composé des frères Waddell à la rythmique, deux fous furieux qui sont aussi teigneux derrière leurs instruments que dans la vie, et de l’incroyable Gary Craft à la guitare, un immense olibrius sorti tout droit du psychédélisme. C’est la formation originale des Characters.
Le trac qui les ronge sert de détonateur; d’entrée “ Living at the end of the Gun”, du premier album des Characters, mais que j’avais inclus dans “A Crack in Time”, donne le ton d’un concert survolté, qui surprend ceux, y compris moi, qui s’attendent à entendre un songwriter plutôt serein et intimiste.
On se croirait au Saxon Club à Austin (le seul club où les Characters peuvent se produire à peu près régulièrement) !
Ce concert est à la fois le dernier concert des Characters et le premier concert de Calvin Russell, et c’est ce qui le rend unique. Si, comme beaucoup, vous avez Calvin découvert avec “Songs from the fourth world” ou “Soldier”, vous ne l’avez jamais vu un tel concert. Ce live au Kremlin, c’est le baptême de feu d’un Texan sorti de nulle part, qui n’avait jamais imaginé chanter devant un public conquis, à des milliers de kilomètres de chez lui. Il est encore timide, parfois maladroit mais son immense talent éclate déjà à chaque morceau; il a besoin d’être rassuré par son groupe, il a du mal à réaliser que tous ces gens sont venus pour lui, que dans quelques mois il sera considéré comme un chanteur/ songwriter majeur. Ce soir là, une star est entrain de naître. Vous connaissez la suite.
Patrick Mathé
C'est du coeur même du Texas - cette terre avec son bétail à cornes, ses étés brûlants, ses tornades, ses grands ciels clairs et ses kilomètres d'autoroute qui s'étirent entre Beaumont et el Paso -, que nous vient CALVIN RUSSELL.
Né durant la nuit d'Halloween 1948 à Austin (Texas), CALVIN passe en fait les cinq premières années de sa vie au comptoir du "Sho Nuff Café" où son père, Red, fait de la cuisine rapide et où sa mère, Daisy, est serveuse. CALVIN dit que ses tous premiers souvenirs sont ceux d'une maison de bois dans une rue sale qui se terminait en cul-de-sac, derrière le Pete Pisto's Wrecking Yard. « On savait qu'on filait un mauvais coton, confie-t-il, mais on aimait notre liberté. Je construisais des bolides et courais dans tous les coins du Texas tandis que les autres gamins en étaient encore au stade de la bicyclette ».
Sixième de 9 enfants, RUSSELL apprend à jouer de la guitare à 12 ans, et dès l'âge de 13 ans, assure les parties rythmiques dans un groupe baptisé The Cavemen, « ce qui m'a valu d'être un vétéran du rock à 16 ans ! ». Il vit vite, librement, fait quelques entorses à la loi pour ce qu'il appelle "des choses sans importance"... Ce qui lui vaut tout de même d'échouer en maison de correction, puis peu après en prison. A sa sortie, il commence sa randonnée aventurière vers le grand sud, chevauchant une Harley.
Il traverse le Rio Grande à Piedras Negras et El Paso, à la recherche de sensations nouvelles. Il écrit, il chante, se laisse emporter par les visions et rêves torrides de ce coin de l'ouest, terre aride et désertique pavée de pierres brûlées. Cette partie du Texas, que l'on surnomme "The Valley", est le commencement d'une terre abandonnée, d'un désert dépeuplé qui s'étend jusqu'à la Vallée de la Mort et Baja California.
Début 80, on retrouve CALVIN dans le Sud Texas. Il traverse de part en part "The Valley", vivant comme un vagabond sur ce territoire de mirages et de contrebande. A Nuevo Laredo, Nouveau Mexique, il est incarcéré, et durant l'hiver 85, se retrouve dormant à même le ciment d'une cellule, au coeur de la periode de froid la plus rigoureuse que connût cette partie du désert.
Lors de son retour à Austin, CALVIN s'installe dans un trou à rat, sous une maison de Patterson Avenue, dans le vieux Clarksville. C'est à cette époque qu'il tente d'intéresser le milieu musical local à son travail.
CALVIN zone -
avec toute une bande d'irréductibles - dans de sombres
enclaves où circulent alcool et drogue. Mais ces mêmes
enclaves (qui servaient d'abris aux hors la loi pendant la Conquête
de l'Ouest) sont aussi un repaire de musiciens marginaux et surdoués
tels que Townes Van Zandt, Jimmy Dale Gilmore, Willie Nelson,
Leon Russell, Willis Alan Ramsey, Jerry Jeff Walker et Michael
Murphy. La verve de ces talents sudistes, la qualité particulière
de la vie texane et l'époustouflant paysage de collines
baignées de brumes seront l'inspiration première
de plus d'un musicien, comme Blaze Foley, Craig Lee Fuller, Rich
Minus, Hal Ketchum et CALVIN lui-même...
« Un rock'n'roller hors la loi qui se bat contre la morosité
des temps modernes », est la meilleure définition
de CALVIN (cela selon ses propres termes). Pour enfoncer le clou,
ce macadam cow-boy stylé conclut d'une voix nouée
: « Oui, je suis un rebelle, car je m'érige contre
les lois inutiles, celles qui entravent notre quête du
bonheur ».
Depuis 1989 - année où Patrick Mathé rencontre CALVIN au Continent Club d'Austin et le signe sur New Rose Records - CALVIN a produit quatre albums studio et un album live. Belle poignée de disques, véritables anthologies d'un "hobo" au romantisme suturé à vif. D'arpèges nonchalants en riffs teigneux, notre cow-boy au grand coeur nous entraîne, de son Texas natal, vers de surprenants lieux-carrefours où survit la frange atypique (mais hautement fréquentable) d'une humanité en lisière de respectabilité.
Le premier album sorti en France, "A CRACK IN TIME", fut accueilli comme un « grand album aux couleurs de Lone Star State » (Stacatto, été 1990). Riche d'intimistes dérives, cisaillé d'acoustiques étapes, d'électricité, d'héroïsme humble et congru, ce coup d'essai permis à notre Texan de participer à bon nombre de festivals en compagnie de Little Villa et The Kinks.
Son second album "SOUNDS FROM THE FOURTH WORLD", subtile peinture des misères et travers de nos vies, fédéra d'emblée l'attention du public et des critiques français. Sur cet album, on peut d'ailleurs entendre le titre "Crossroads", aujourd'hui considéré comme l'un des incontournables de CALVIN.
"SOLDIER", son troisième album chez New Rose, a été produit par un natif de Nashville, JIM DICKINSON. Neuf titres où fulgurent l'énergie, l'étonnante maîtrise et la maturité de CALVIN. Les Inrockuptibles ont dit de ce disque : « Il y a des soirées où le choix est simple si vous voulez convaincre votre petite amie... Ou vous écoutez Blonde On Blonde une fois de plus, ou vous écoutez "Soldier" »
Le succès de cet album encourage CALVIN à enregistrer un album live, "LE VOYAGEUR". Inventaire d'une tournée marathon, ce document fut enregistré lors de ses concerts à guichet fermé à l'Olympia (Paris), l'Exo-7 (Rouen), le Zig-Zag (Orléans) et l'Elysée Montmartre (Paris). En 1993, le CALVIN RUSSELL BAND a donné 178 concerts en Europe, chaque set confirmant la cohérente efficacité du showman.
Avec son quatrième album studio, "DREAM OF THE DOG", l'homme au stetson continue sa valeureuse bataille. Ici, une reprise d'Eric Burdon and The Animals : "It's My Life". Là, des chansons calibrées pour la poussière des grands chemins comme "The Valley Far Below", "Trouble" ou "Don't Turn Your Head". L'écriture s'est affinée et parfois rappelle la cahotique mais miraculeuse prose de William Burroughs. Produit par Mike Stewart, cet opus nous offre le jeu particulier de la guitare de Jon Dee Graham, ancien membre des True Believers.








