Chris Burroughs

CHRIS BURROUGHS
" Loose "

CHRIS BURROUGHS est né et a été élevé dans le New Jersey. Il fait des études de journalisme à la Rutgers University, avant d?émigrer en Arizona. Une fois installé à Tucson, il forme, en 1982, son premier groupe : The NATIONALS, et expérimente alors deux années chaotiques de tournées, de concerts souvent difficiles, écumant les moindre clubs de Bisbee à Flagstaff. Quelque peu dépité par cette vie d'incertitudes et d'errances, CHRIS décide de quitter momentanément l'Arizona et de s'installer en 1984 à Los Angeles. " Nous allions finir par nous produire devant le même public de 18 noctambules égarés, et tourner compulsivement dans seulement 3 villes ! ".

Avec de brèves incursions dans des groupes comme Yard Trauma, Losers Club, Onlys ou Misfit Toys, CHRIS partage dès 1987 son temps entre Tucson et Los Angeles. Ces voyages répétés dans sa vieille voiture l?inspirent et, contemplant le paysage qui défile, il remplit des carnets de notes, jetant ça et là des centaines d?idées qui vont devenir les paroles de ces disques solo.

Printemps 1990 : CHRIS BURROUGHS sort, sur le label français NEW ROSE, son premier album solo. Intitulé " West Of Texas ", l'objet musical en question a de quoi séduire ! D'abord on y croise du beau monde (d'anciens membres des Nationals et Chris Cavacas, ex-clavier de Green On Red). Mais c'est avant tout la révélation et l'avènement flagrant d?un talent avec lequel il faut désormais compter. Guitariste et compositeur subtil, parolier sensible et concerné, il séduit la critique enthousiaste qui le compare derechef à John Cougar Mellecamp ou à Tom Petty. C'est dire ! Ce disque de grands espaces, carnet d'un incorrigible voyageur (il lui arrive régulièrement de partir seul, de longer en stop le Rio Grande, de redescendre la Green River en canoë) ouvre alors pour nous une lucarne bienvenue sur des échancrures de ciel bleu, d'évasions méditatives et nécessaires. Un début plus que prometteur.

1991 : Son second album solo, toujours sur NEW ROSE, s'intitule " Trade Of Chains " et enfonce le clou. Neuf morceaux originaux et une reprise convaincante du " Sounds Of Silence " de Simon & Garfunkel suffisent à prouver la grâce et la pérennité de l'artiste. Le tout - ensablé de guitares sauvages et maîtrisées, caressé d' une voix suave et distancée -, fut enregistré à Hollywood, avec la participation de Johnny Ray à la batterie et de Jacob Martinez à la basse.! Un authentique " songwriter " est né !

Entre temps, CHRIS revient s'installer à Tucson pour raisons pratiques (loyers plus accessibles, raisons de c'ur, fuir les émeutes de Los Angeles). Des envies et des projets de tournées naissent et se mettent en place. "Je commence à apprécier le fait de jouer en solo ", confie alors CHRIS. " Les gens sont plus attentifs aux textes et comme j'ai des tas de choses à raconter... Lorsque je joue au sein d?un groupe, ce n'est pas la même chose. L'énergie est différente. Nous jouons fort et je disparais derrière ce mur de son, je me cogne aux amplis, je cabosse ma guitare, j'ai du mal à retenir mon souffle ! Ce sont deux approches musicales différentes, aussi passionnantes l'une que l'autre ! "

Entre 1992 et 1996, CHRIS enregistre son troisième album solo intitulé " Clutter ". Produit par Harvey Moltz (Giant Sand, Continental Drifters), le son s'est durci... et toujours hantées par des visions de déserts et de cités violentes, les chansons explorent les méandres de l'âme américaine, précise l'étrange opposition violence/puritanisme du Nouveau Monde... ou s'émeuvent sur une histoire d?amour qui touche alors à l'universel. Des musiciens prestigieux: Winston Watson (Bob Dylan), Tom Larkins (Jonathan Richman) ou Joe Burns participent à l'ivresse déliée de ce nomadisme acoustique de grande classe.

2000 : nous sommes heureux de présenter le quatrième album de CHRIS intitulé " LOOSE ". Les années enfuies ont précisé, ébarbé, épuré son style. Les 10 chansons s'enchaînent avec une grâce incontestable... chacune conçue comme un véritable petit scénario ! Par exemple " A Blessing And A Curse " et son approche panoramique à la Wenders. Émouvante histoire où l'homme ivre, la serveuse épuisée, le motel anonyme... et l'enfant illégitime forment dans leur disparité un petit éclat cohérent du monde. Road-movie aux inflexions folk-rock, peinture fulgurante et tremblée d'une Amérique aux rêves en pièces, l'album impressionne pourtant par sa force tranquille. La poésie des textes - aérienne, quotidienne et fuyante -, permet cet implacable dépaysement. Écoutez " If You Loose Your Way " et son riff incantatoire, sagement dramatique. " The Way Up ", chicane rock, ose une escapade européenne. " The Hottest Day In The Hottest Year ", délicieusement moite, module la pseudo-nonchalance d'une inapaisable angoisse. " Cigarette Off The Balcony " frôle ce point de rupture où échoue - d'un romantisme éreinté -, le mouvement migratoire des âmes à la dérive. Superbe donc, et idéalement hors du temps, ce " LOOSE " sonde ces difficultés d'être, ces échecs d'une vie, ces errances sentimentales qui font le miel funeste des faits divers. CHRIS BURROUGHS, en hobo magnifié et déserteur sentimental, met en musique les larmes ravalées d'une Amérique blafarde, vacillante et en proie aux doutes. Le seul lieu d?un apaisement et d?une réconciliation possible. Un petit modèle du genre !