
A night
of Electric Silence
Pour
la première fois, le meilleur du legendaire groupe ecossais
Live !
Né à Glasgow, de parents
enseignants, Jimme O'Neill a grandi entre les musiques irlandaises
et l'opéra qu'on écoutait à la maison. A
l'âge de 12 ans, il découvre la guitare : "pour
interpréter Dylan, le poètetotal.!" précise-t-il.
A 16 ans, il écrit ses premières chansons : "je
voulais des chansons dont les textes fassent sens !". Très
vite, il fuit sa terre natale, s'installe à Londres, étudie
l'architecture et fonde ses premiers groupes. A l'époque,
influencé par le pub-rock, le funk,Blind Willie McTell
ou Woody Guthrie, on le voit jouer dans les couloirs du métro.
Son premier groupe marquant s'appelle Fingerprintz, un combo
new-wave inspiré par Captain Beefheart. Sous ce nom, trois
albums seront publiés chez Virgin : "The Very Dab",
"Distinguishing Marks" et "Beat Noir". Malgré
d'excellentes critiques, le groupe connaît un parcours
plutôt confidentiel en Grande Bretagne et en Europe, attirant
toutefoisl'attention du public américain grâce à
sa pop surréaliste, sombre et totalement décalée.
Londres 1985 : Après la dissolution
de Fingerprintz, Jimme O'Neill et trois compères écossais
(Cha Burns - ex-membre de Fingerprintz -, Martin Hanlin et Joe
Donelly) posent les bases d'une nouvelle aventure musicale. Ils
décident de maquetter trois titres aux studios Scarf,
dans la banlieue sud de Londres : "Painted Moon", "I
Can't Cry" et "I See Red". Leurs nouvelles créations,
déroulant avec une évidence futée leurs
petits scénarios émotionnels, s'appuient sur une
solide assise de guitares pop, lançant harmoniquement
un pont entres les années 60 et les années 80.
Écrites par Jimme dans une petite chambre de Battersea,
les nouveaux titres sont un peu moins étranges , et surtout
plus mélodiques que ceux de Fingerprintz... L'accueil
est unanime ! Les maisons de disques londoniennes adorent les
maquettes et le groupe signe finalement chez RCA, dirigée
par John Preston qui est un ancien copain de Bruce Findlay (le
manager des Simple Minds). En mai 86, les SILENCERS débutent
l'enregistrement de leur premier album pour RCA aux studios Hansa
de Berlin... puis aux studios Castlesound d'Edimbourg. "A
Letter From St Paul" sort en Grande Bretagne en avril 1987.
Les SILENCERS débutent aussitôt une tournée
à travers l'Europe et la Grande Bretagne en première
partie des Pretenders. Ils volent ensuite très vite de
leurs propres ailes... Outre-Atlantique, on découvre avec
enthousiasme ce premier album et le titre "Painted Moon"
commence à décoller dans les radios du Nouveau
Monde. Le groupe entame alors une tournée des "côtes
américaines", d'abord seul puis avec Squeeze. Le
succès semble être au rendez-vous ! Début
1988, de retour chez eux, le groupe tourne avec The Alarm. "Painted
Moon" ressort en Grande Bretagne et est diffusé massivement
sur Radio 1 pendant sept semaines. Ce premier single sera un
hit aux USA et en Europe et fait, aujourd'hui, figure de classique.
Jimme quitte Londres pour revenir s'installer
en Ecosse. 1988 : Le deuxième album des SILENCERS, "A
Blues For Buddha" (l'un de leurs absolus chefs-d'uvre),
est mis en boîte aux studios CaVa de Glasgow sous la houlette
du stratosphérique Flood (il a produit U2, Smashing Pumpkins
!!!). Les nouvelles chansons sont plus folk, bluesy et country.
Le ton est plus atmosphérique, plus spontané. "The
Real Mc Coy" traite des retrouvailles avec la vie écossaise
(la joie de sortir à Glasgow, la ville natale de O'Neill,
un vendredi soir est parfaitement retranscrite dans ce petit
joyau mélodique), tandis que "Scottish Rain"
est une ;bouleversante chanson d'amour. Les nuances océanes
de la pochette ouvrent l'horizon d'un stupéfiant voyage.
Et le groupe aussitôt de rompre ses amarres... puisqu'il
tourne pendant quatre mois en première partie des Simple
Minds. En terre de France, on se souvient encore du légendaire
concert de Besançon où le public déchaîné
menaçait de faire s'effondrer la scène. L'annulation
du show provoqua une émeute qui ne se calma que lorsque
le groupe promit de revenir.
Le troisième album est enregistré
au cours de l'été 90. Jimme se remet à la
peinture (son autre passion.!) et l'une de ses uvres, "Dance
To The Holy Man", sert d'illustration et offre son titre
à l'album. La nouvelle cuvée musicale est un mix
de pop, de rock celtique, de funk expérimental, de blues
et de country. Un cocktail particulièrement efficace et
réussi, qui tranche radicalement avec les premières
créations du groupe. Les enregistrements débutent
avec John Leckie aux commandes... puis avec Mark Wallis qui lui
succède. Le résultat a de quoi surprendre ! Exemple
: un titre comme "I Want You" est une chanson d'amour
celtique articulée sur une rythmique africaine. Avant
d'entamer une tournée européenne, Jimme décide
d'étoffer la section vocale du groupe en recrutant James
"Jinky" Gilmour. Les SILENCERS sont à présent
de véritables stars en France et en Espagne où
"Bulletproof Heart" (une chanson sombre et ironique
évoquant les conflits du nord de l'Irlande) est élu
single de l'année. Rapidement, le titre devient un hit
en Europe... et sera le plus gros succès du groupe. Désormais,
les "yoh yoh yoh" du refrain seront repris partout
par leurs fans en délire.
Fin 91, les SILENCERS connaissent un succès
massif en France, en Espagne, en Suisse, en Italie et en Allemagne.
A cette époque, Lewis
Rankine est remplacé par Stevie Kane à la guitare
basse. Le groupe continue sa tournée, proposant un show
de qualité, déclinant soir après soir son
folk-rock précieux, festif, traversé d'irrésistibles
ballades. Davie Crichton, poussé par des problèmes
personnels auxquels s'ajoute la fatigue, quitte le groupe. "Dommage,
confie Jimme, car c'était une sacrée personnalité
et un grand musicien. Pendant la période "Celtic
Blues" du groupe, nous avions l'habitude de jouer ensemble,
juste pour le plaisir, pendant les tournées." Stevie
Kane a un frère, Phil, excellent pianiste et accordéoniste...
Il intègre alors le groupe pour remplacer Davie.
1993 : Escorté d'une reconnaissance
qui force le respect (2 disques d'or en France et 1 en Espagne),
le groupe enregistre son quatrième album, "Seconds
Of Pleasure". Jimme co-produit l'album avec Kenny Mc Donald
aux studios Park Lane de Glasgow. "I Can Feel It" ouvre
l'album avec "une énorme fanfare pop de bruits optimistes".
C'est aussi le premier single, superbe, largement joué
à travers toute l'Europe... La tournée qui suit
est mémorable ! Chaque soir le groupe monte sur scène,
avec tant d'énergie et d'engagement, que le spectacle
proposé en devient quasi parfait. Les SILENCERS se donnent
à 120% pour un public toujours enthousiaste qui leur rend
bien. Et Jimme de confier : "Je me souviens d'une interview
de Jim Morrison où il disait qu'il voulait faire une musique
qui soit une explosion de joie pure car leurs disques étaient
plutôt sombres. En concert, c'est exactement ce que font
les SILENCERS ! Beaucoup de mes chansons étaient introspectives...
mais malgré moi, j'ai commencé à adorer
les performances live - une thérapie je suppose. Nous
créons une vibration très positive, ce n'est pas
très à la mode mais demandez au public s'il apprécie.
Nous pensons que si nous nous amusons, alors nos fans s'amuseront
aussi. Je suppose que c'est une attitude celtique - nous aimons
faire la fête !".
Changement de cap : Le groupe signe avec
BMG (France) et Permanent (Angleterre). Ils enregistrent l'album
suivant, "So Be It", au cours de l'été
1994. A la même époque, les SILENCERS sont contactés
par l'Office de Tourisme Ecossais et enregistrent "Wild
Mountain Thyme" pour une campagne publicitaire. C'est la
raison pour laquelle l'enregistrement de l'album connaît
un léger retard et sort au printemps 95. Mai 1995 : le
groupe tourne à travers l'Europe. Le public répond
toujours présent ! Hélas, Jinky et Tony quittent
le groupe après la tournée. Jim Mc Dermott, le
batteur du groupe Kevin Mc Dermott Orchestra, arrive à
la rescousse, ainsi que la fille de Jimme, Aura O'Neill, qui
avait prêté sa voix sur le titre "Wild Mountain
Thyme". Le groupe va se rôder en Ecosse et en Europe,
se préparant alors à de nouvelles aventures !
1996 : Sorti d'un Best Of, "Blood
And Rain". A propos de l'album, Jimme déclare : "C'est
un ensemble de grandes chansons, chansons qui résistent
à l'épreuve du temps. Chansons de sang... Chansons
de temps... J'apprends, grâce aux lettres que je reçois,
que mon groupe est important pour beaucoup de gens. Cela me fait
du bien. L'album est un lien entre le passé et l'ouverture
sur l'avenir. Silencieux mais pas oubliés..."
Avril 1999, sort "Receiving"
chez Double T, France. Rejoints par Milla au violon qui précise
le ton celtique du groupe, l'album est perçu comme novateur,
plus sophistiqué et "ancré dans son époque".
Jimmie confie : "Pour la première fois, nous avons
créé notre produit nous-mêmes, avec nos seules
idées en tête. La pochette, les photos, tout ! (...)
J'en suis vraiment satisfait et nous pensons avoir créé
un modèle pour le futur." A nouveau, l'objet déconcerte.
La pochette évoque "Dance To The Holy Man",
icône symbolique et déstructurée de notre
pop contemporaine (on reconnaît sur le collage un il de
Natalie Imbruglia, et un autre de Robbie Williams !). Concernant
le contenu, Jimme explique : "C'est un mélange plutôt
ironique de beaucoup de choses : blues, rhythm'n'blues, pop,
rock, dance, folk, sans oublier mes racines celtes et l'énergie
originelle du punk. Ce disque est un peu ma station de radio
personnelle. Pour les textes... j'ai puisé mon inspiration
du côté de la Beat Generation - Kerouac, Ginsberg,
Burroughs..."
2001 : Le millénaire vient de changer,
la magie des SILENCERS perdure ! "La musique rock contemporaine
est basée sur l'excitation, rarement sur la joie. Certains
bons soirs, les SILENCERS sont excitants comme un groupe de rock...
mais avec quelque chose de plus qui ressemble à une explosion
de joie." confie Jimme O'Neill. Désormais nous le
savons : C'est sur scène que les SILENCERS déploient
toute l'ampleur de leur incandescent savoir-faire. On ne pouvait
rêver alors de plus beau témoignage que ce nouvel
opus (leur PREMIER album "live"!), éclat précieux
et volé d'une nuit de silence électrique. Enregistré
le 14 janvier 2000 à Glasgow (Ecosse), cet album donc
providentiel - doté d'une énergie rédemptrice
-, décline les accents d'un rock-folk celte sur un mode
paradoxalement jubilatoire et musclé. C'est à présent
certain, les SILENCERS signent là leur plus bel hymne
à la joie !
Jimme O'Neill (chanteur et âme du
groupe) est rejoint par sa fille Aura (à la voix si troublante)
et par Milla, la violoniste. La présence des filles et
l'énergie virtuose de Jim McDermott (batterie), Stevie
Kane (basse), Phil Kane (claviers) et James O'Neill (guitare)
épandent un océan de sons... Une houle nocturne,
mystérieuse, magique qui se lève peu à peu,
musclant ses assauts, ses contagions... pour, au final, mieux
nous porter à bout de lames. On navigue alors en plein
bonheur !!! Les standards s'enchaînent : l'irrésistible
"Bulletproof Heart", l'envoûtant "Painted
Moon", le fervent "The Real Mc Coy" ou le dépaysant
"Wild Mountain Thyme" assènent leurs refrains
familiers. En conclusion - et en ces jours où le grand
Serge fleurit la une de tous les magazines de bon goût
-, une relecture de "La Chanson de Prévert"
(en français s'il vous plaît !) clôt cet opus
sur une note d'émotion, de tendre élégance
pudique mais néanmoins tangible.
"A Night
of ELECTRIC SILENCE" :
LE "LIVE" MONUMENTAL QUI TIENT LIEU DE "BEST OF"
!!!
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