the slickee boys
live at last / fashionably late

CD1
Live at last
1-   Gotta Tell me Why – (Mark Noone) -  4:05
2-   Dream Lovers – ( J. Chumbris / Mark Noone / D. Palenski ) – 4:02
3-   Missing Part – ( Jim Chumbris ) – 3:02
4-   Sleepless Nights – ( J. Chumbris / Mark Noone ) -2:19
5-   Disconnected – (J.Chumbris / Mark Noone ) – 3:30
6-   Droppin Off To Sleep – (Mark Noone ) – 4:00
7-   The Brain That Refused To Die – ( The Slickee Boys ) – 4:13
8-   Death Lane – ( D. Laboubée ) – 2:10
9-   Life Of The Party – (Mark Noone ) – 3:15
10- Pictures of Matchstick Men – ( F. Rossi ) – 3:08
11- When I Go To The Beach – (Mark Noone ) – 2:30
12- Jailbait Janet – ( K. Highland / Mark Noone ) – 2:15
13- This Party sucks – ( Mark Noone ) – 3:50
14- Here To Stay- (Mark Noone ) – 4:01
15- Your Autumn Eyes – (Kim Kane / M. Keith / Mark Noone   ) – 5:15
16- (Are You Gonna Be There At the…) Love In – ( E.Mc Elroy / D. Bennett ) – 7:10



 

CD2
Fashionably late
1- Sleepless nights – (J.Chumbris) – 2:21
2- The Missing Part – (J.Chumbris) – 2:32
3- Hesitation – (J.Chumbris) - 3:25
4- You can run – (T.Keene / M.Reidy) – 3:30
5- Blind Deaf + Dumb – (M.Keith) – 2:50
6- The Mean Screen – (Duhamel/ Flowers/ Highland) – 1:57
7- Your Autumn Eyes – (K.Kane/ M.Keith/ M.Noone) – 4:55
8- Droppin Off The Sleep – (M.Noone) – 4:28
9- The Dive – (M.Noone) – 4:45
10- If I Could Die ) (M.Keith/ M.Noone) – 4:27
11- Love Twilight – (K.Kane / M.Keith) – 3:33
12- Eye to Eye – ( M. Noone) – 3:39
13- Without a Word of Warning – (Lesslie/ Russell/ Lewis) – 2:20





The Slickee Boys

 Certains groupes refusent les étiquettes, préférant modeler un style qui leur sera propre que s’inscrire dans une lignée. Cette démarche est certes honorable, mais elle se conjugue mal avec les impératifs du marché, trouver la formule miracle qui amène au sommet des hit-parades sinon survie. Que la musique en question soit excellente ou non importe peu, car le rock est devenue une question de business plus que de qualité.

 Les Slickee Boys sont une parfaite illustration de ce vieil adage. Incapable de se définir sur le grand échiquier de la pop et du punk, ils optent pour un son intermédiaire. On les traite même de psychédéliques pour mieux traduire cette incapacité à les labelliser. Hélas cela ne leur permet pas de fidéliser un public au-delà des frontières de leur Washington natal. Et après une quinzaine d’années d’activité et une discographie bien fournie, ils déposent les armes. Leurs albums ont pourtant fait le bonheur de ceux qui les ont écoutés, difficiles à se procurer, en voici deux réédités Fashionably Late le troisième studio, paru au mois d’avril 1988 et Live At Last, l’enregistrement de leur unique tournée Française consécutive. La meilleure période, aux dires des fans.

 Leur histoire débute en 1975, lorsque Marshall Keith et Kim Kane font connaissance. Le premier a pour habitude d’enregistrer sur un 6 pistes des maquettes sur lesquelles il assure tous les instruments. Kim est impressionné. Excellent dessinateur, il subtilise une bande à son nouvel ami, puis, après avoir fait fabriquer un vrai disque, il lui offre, en ayant pris bien soin d’illustrer la pochette. L’idée est de le convaincre de monter un groupe. Les Slickee Boys naissent au printemps 76. Les deux comparses étant rejoints pas trois membres des Lone Oak, un groupe local de rhythm and blues : Martha Hull (chant), Chris Round (batterie) et Andy Von Band (basse). Le premier concert ne tarde pas, le premier 45 tours également, une auto-production comme nombre de leurs futures productions. Les influences y apparaissent très versées dans le rock sixties, de Vince Taylor dont ils reprennent "Brand New Cadillac" aux Yardbirds en passant par le rock garage. Au beau milieu des années 70, ce genre d’attitude plaît énormément car c’est à la fois original et dans l’air du temps. Le mensuel Français Rock & Folk écrit  sous la plume de Philippe Garnier : « C’est le genre de disque qui fait rêver, qui donne envie de connaître les dingues qui ont pu concevoir un tel artefact… » Leur réputation dépasse donc les limites de Washington DC ce qui leur permet de se produire à New York au mythique Max Kansas City.

 Les inspirations trop ancrées dans le passé ne font pas l’unanimité, et au début de l’année 77, Andy Von Brand et Chris Round déclarent forfait. Ils sont vite remplacés par Howard Wuelfing et Dan Paleski. Ce changement de personnel est sans doute à l’origine d’un renouvellement du répertoire puisque outre quelques morceaux de surf, les Slickee Boys osent un titre des Talking Heads ("The Girl Want To Be With The Girls") sur leur deuxième 45 tours. Mais une révolution est en marche, celle du punk-rock. Et alors que les Slickee Boys auraient pu sans problème aucun être l’un des nombreux acteurs de cette nouvelle vague musicale, au même titre que les Real Kids, Pere Ubu ou les Fleshtones restés fidèles à leur ligne de conduite mais considérés comme des incontournables de ce nouveau son, ces quelques mois de folie qui agitent les clubs et le circuit semblent être synonyme pour eux de mauvaise passe. Rien n’arrive, aucun label ne leur propose de contrat, pire encore, Howard Wuelfing et Martha Hull s’en vont mettant en péril l’avenir.

 Pour (re)motiver les troupes un nouveau disque est mis en chantier, avec deux volontaires recrutés par petite annonce, Emery Olexa et Mark Noone. Au programme trois originaux et une seule reprise comme si l’équilibre venait enfin d’être trouvé. Le nouveau matériel ("Gotta Tell Me Why", "Forbidden Alliance", "Golden Love") a beau puiser ses racines dans le rock d’hier, le groupe n’a rien d’une réunion de vieux nostalgiques. Leur folie est on ne peut plus contemporaine. Ce qui se traduit, entre autres, par un look complètement incroyable où les cinq olibrius apparaissent comme des échappés d’un asile psychiatrique : chemises bariolés, vestes de costumes portées avec des baskets, cheveux longs ou courts sans aucune logique d’ensemble… Un délire instinctif difficile à canaliser sur disque mais qui aux dires des témoins reste une expérience unique. Au début de ces années 80, les Slickee Boys ont réellement trouvé leur vitesse de croisière, d’autant plus qu’un bassiste vient de les rejoindre, John Chumbris. Leurs nombreux concerts affichent complet. On parle même d’eux pour une tournée Anglaise en première partie des Revillos, qui malheureusement ne se fera pas. Ce qui n’empêche pas le label Twin Tone, qui a sorti les disques des Replacements et de Soul Asylum, de s’intéresser à eux et de leur offrir un contrat. Enfin !

 Un premier album Cybernetic Dream est commercialisé au mois d’avril 1984, il sort aux Etats-Unis, en Allemagne et en France sur New Rose. Totalement dégagé des étiquettes précédentes, les Slickee Boys osent une pop intelligente qui révèle un humour à fleur de peau, grâce à la plume de Mark Noone. Leurs racines se devinent, mais elles ne sont pas aussi affirmées qu’auparavant, et les quelques passages plus garage, plus psychédélique ou plus surf, sont plus ici pour rendre compte d’un itinéraire qu’autre chose. Deux albums studios suivront dans la foulée, Uh, Oh… Breaks et Fashionably Late qui confirment cette option de bonne humeur et de mélodies entêtantes. A la fois pop et punk, leur obsession pour le Chocolate Watchband semble évidente, mais ce n’est en aucun cas une pâle imitation. Il n’est d’ailleurs pour eux pas du tout question d’être assimilé à la vague des néo sixties qui en ce milieu des années 80 fait rage.

 D’ailleurs le public Français ne va pas tarder à juger sur pièce, puisque Marshall Keith, Kim Kane et leur bande traverse l’Atlantique pour une tournée Européenne dont une dizaine de dates rien qu’en France au mois de mai 1988. C’est le concert du 21 à l’Ubu de Rennes qui est immortalisé sur disque, Live At Last. Point d’orgue "This Party Sucks" qui n’a aucun besoin de traduction. Mais ce qui aurait pu être le point de départ vers des horizons nouveaux s’avère en fait être le chant du cygne. C’est après cette tournée que Kim Kane décide de mettre un terme aux Slickee Boys, sans doute car il lui faut rester fidèle à sa ligne de conduite et ne jamais faire comme les autres. Quoiqu’il en soit, leur quinzième anniversaire est l’année de leurs adieux. Kim Kane part fonder les Date Bait alors que presque tous les autres enregistrent s’engagent avec plus ou moins de bonheur dans une carrière solo. Le groupe n’est plus, mais depuis la fin des années 90, les Slickee Boys se retrouvent régulièrement, pour une sorte de date anniversaire, occasion de joyeuses retrouvailles qui riment avec ripailles. Si vous ètes du côté de Washington DC au mois de décembre, ne les ratez pas !

 

 


the slickee boys