willie alexander and the boom boom band
dog bar yacht club

gravely hill
hey kid
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fred buck's footsteps
we killed deanna
high tide heroes
oceans condo III








 
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mystery training
so innocent










 Willie Loco Alexander est une figure du milieu, un musicien dont le nom circule depuis les années 60. Desperado spécialisé dans le rock légèrement déglingué, l’homme vit hors du temps, des modes et des compromissions. Cela ne l’empêche pas d’enregistrer des disques qui résistent à la patine des années et qui font régulièrement l’objet de rééditions. Sa participation à l’ultime mouture du Velvet Underground est sans aucun doute l’un de ses faits d’arme qui ont inscrit à jamais son nom en lettre d’or dans le cerveau des amoureux de la chose. Heureusement pour lui, il y a d’autres chapitres à son histoire. 

Je suis né à Philadelphie (Pennsylvanie) mais j’ai déménagé plusieurs fois et habité successivement à Medfield, à Gloucester puis Providence à quelques kilomètres de Boston. Mon père était pasteur, c’est d’ailleurs dans son église que j’apprends à tâter du piano. La musique de mon enfance c’est bien évidemment le rock and roll, celui des pionniers, de Little Richard et Jerry Lee Lewis, mais ça ne m’empêche pas d’écouter également beaucoup de musique latine via par exemple Tito Puente. Mon surnom de Loco vient d’ailleurs de cette culture-là, d’un pianiste qui s’appelait Joe Loco et qui se produisait souvent avec un certain Willie Bobo, joueur de timbale. Pour moi c’est devenu évident que je devais prendre ce nom d’autant que je commence non pas dans un groupe de rock mais bel et bien dans un orchestre à tendances afro-cubaines, Baba & the Willie Loco. Nous sommes en 1961…  

Quelques années plus tard, Willie Alexander joue au sein d’un garage band, The Lost. Tous suivent leurs études au sein du même collège, Goddard, et ont décidé de fonder un groupe. L’heure est au rock, car l’écho des groupes Anglais - Beatles et Rolling Stones - s’est répandu à travers tous les Etats-Unis. The Lost devient le premier groupe auquel participe Willie qui enregistre pour de vrai, deux 45 tours pour Capitol qui pourraient sans problème apparaître au générique du coffret Nuggets. Depuis, deux disques compact documentent cette période. Fait amusant, le bassiste de ce combo pré-punk, on est en 1966, n’est autre que Walter Powers celui qui officie sur le live que vous tenez entre les mains. Non pas que les deux hommes ne se soient plus quittés depuis l’époque, mais habitant tous deux Boston et participant à toutes sortes d’aventures musicales, ils ne se sont jamais perdu de vue. C’est d’ailleurs grâce à Walter Powers que Willie Alexander va jouer dans le Velvet…

Après The Lost, il y a Grass Menagerie avec Walter Powers et Doug Yule qui dure quelques mois, puis Bagatelle qui en pleine période psychédélique se permet le luxe de jouer de la musique soul. Nous sommes neuf dans le groupe et nous enregistrons un album avec une face studio et une face live. Ça ne donne rien, commercialement parlant, mais nous nous retrouvons tous les trois à tourner sous le nom du Velvet Underground alors que le seul membre d’origine est Maureen Tucker à la batterie. En fait je remplace Sterling Morrison retourné à ses études. Nous commençons à tourner dès le mois de juin 1971 et venons même en Europe. J’ai un souvenir partagé, le groupe pouvait parfois être excellent, mais il était la plupart du temps exécrable. J’avais hâte que cela se termine en fait, le Velvet c’était le groupe de Lou Reed, et nous n’avions aucune légitimité pour tourner sous ce nom.

Deux tournées sont exécutées dans l’indifférence générale, et le groupe cesse toute activité. Willie commence alors à enregistrer des disques sous son seul nom. D’abord sur sa propre marque, Garage, puis sur MCA, une major. C’est à ce moment très précis que se dessine le son très particulier de la Loco touch. Une sorte de base binaire conjuguée à un dilettantisme chaleureux et surtout communicatif. Du rock toujours en équilibre sur un fil imaginaire et qui semble sombrer pour toujours renaître miraculeusement grâce à une base rythmique sans faille. C’est aussi excentrique que magique. De nombreux morceaux de cette période apparaissent aux yeux de ses fans comme ses meilleurs : "Hit Her Wid De Axe", "Radio Heart", "Dirty Eddie" et bien évidemment l’incontournable "Kerouac". Car l’écrivain beat est l’une de ses plus grandes influences, à cause de ces ambiances jazzy qui s’en émanent mais aussi de ce goût pour la vie de bohême dont Willie ne s’est jamais départi.

En 1975, je sors “Kerouac” sur Garage Records et je commence à chanter les nouveaux morceaux en concert avec Thrid Rail, Fow Pass, The Mezz ,  Reddy Teddy et Marc Thor  comme backing bands.

Un jour le manager de Fox Pass me dit: “Hey Willie, il serait temps de monter ton propre groupe”.

Alors, j’emprunte Billy Loosigian, Sev Grossman et David Mc Lean à un groupe nommé “Wild Honey”, et nous commençons à répéter mes morceaux dans la cave de Reddy Teddy, et quand j’écoute la première cassette, je sens qu’il se passé quelque chose.

Billly, Sev et David décident de rester avec moi. C’est la première fois où je suis chanteur et songwriter dans un groupe. Nous décrochons u contrat avec MCA, et tournons à travers les USA.

Tous mes rêves de rock n’roll sont devenus réalité.

 

Le rêve dure deux albums et deux ans; en 1978, MCA remercie le Boom Boom BoomBand en raison de “ventes insuffisantes”, malgré un accueil plus que favorable de la presse rock.

Willie redevient un artiste solo, et sort “Solo Loco” sur New Rose, chez qui il sortira cinq albums, et tourne régulièrement en France .

 

En avril 2001, j’envoie des bandes live de 1976 au label japonais Captain Trip, qui decide de sortir “Loco live 1976”.Les membres du groupe , ecourés par le fiasco MCA et les nombreux bootlegs qui sont sortis après la séparation sont furieux dans un premier temps, puis ils viennent me voir tous les dimanches, et nous nous remettons à jouer ensemble. “Et si on remontait sur scène” suggère Billy.

Nous faisons ontre premier concenrt au Middle East sur Mass Ave. C’est comme marcher sur l’eau.

Tout d’abord, on se sait plus pourquoi on s’est séparés; “différends artistiques”,sex, drugs et r&r ,…

C’est marrant de recevoir à nouveau des messages de Sev, Dave et Billy sur mon répondeur. C’est comme renouer avec des ex- girlfriends et ressortir ensemble.

Sev dit que nous aovns un son et qu’il est temps qu’on s’y remette. C’est comme réveiller un vieux monstre. Le retour au sources. Je suis séduit par les gros sons de guitare, après avoir passé plus d’une décennie à jouer avec des sax, et du piano. Le dernier album rock que j’ai fait était “Dragons are still out” sur New Rose en 1988.

En octobre 2002, nous commençons à enregistrer au studio Mammoth, près de Fennay Park, avec David Minehan à la production. David jouait dans The Nighborhood et m’accompagnait quand j’ai quitté le Boom Boom band en 1978. C’est comme un rêve de travailler avec lui. On commence par faire des versions de quelques morceaux que j’ai écrits après la séparation du Boom Boom Band, puis nous composons des nouveaux morceaux au studio. Un nouvel album du Boom Boom Band est né ! Il s’appelle Dog Bar Yacht Club.

 

Souvent , les reformations de vieux groupes sont ennyueuses, voire pathétiques.mais à  l’écoute de “Dog Bar Yacht Club”, on a une impression d’énergie et  de fraicheur incroyable . Des gamins qui s’éclatent en studio, pour l’enregistrement de leur premier album. Après tout, Willie n’a que 62 ans , et il a la pêche d’un teenager.Et le Boom Boom Band a juste mis 27 ans pour enregistrer son troisième album. C’était peut-être un petit peu long, mais franchement, ça valait le coup d’attendre.